© Hugues Barrière

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le mercredi 16 décembre 2009 à 20h
le mardi 23 mars 2010 à 20h

Festival MARS EN CHANSON
Charleroi BELGIQUE
le jeudi 18 mars 2010 à 20h

Nouvelles chansons


Ecoutez mes nouvelles chansons, et choisissez celles que vous aimeriez voir figurer sur le prochain disque en les notant de 1 à 5. En savoir plus.

Avant de traverser les nuages

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ARBON vous invite à découvrir sur ce blog les fils qui relient ses chansons, sa vie, son travail d’auteur-compositeur, ses inspirations, ses humeurs, l’air du temps et la vie comme elle va… Pour en savoir plus: www.arbon-lesite.com

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Au fil des rencontres

Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 08:13

Amaury Blanchard était en effet beaucoup mieux qu'un remplaçant: c'était le batteur de Renaud, de Gerald de Palmas, de Patricia Kaas. Un type d'une précision absolue, capable de tenir sans bouger n'importe quel tempo.

C'était un vieux complice de Gérard Prévost. Ils avaient joué ensemble sur plusieurs tournées de Renaud au temps de sa gloire, de la fin des années soixante-dix au milieu des années quatre-vingts. Ces deux-là avaient véritablement connu tout le monde dans le show-biz à l'époque. Voyager avec eux pour aller donner un concert quelque part devenait ainsi, par la magie de leurs souvenirs, un voyage dans le voyage, un défilé de noms célèbres et oubliés, un crépitement d'anecdotes drôles, cocasses, ou sordides, et l'écoute de ces évocations me plongeait dans une sorte de nostalgie joyeuse qui s'accordait étrangement aux paysages de montagnes enneigées ou de campagne pluvieuse qui glissaient derrière les vitres du train.

J'aime beaucoup Amaury. C'est un homme d'une sensibilité extrême, un révolté, un contestataire généreux. Ça s'entend, et quand il joue, les pulsions de sa violence se transforment en rythme et en beauté.
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 08:44

Patrick Gorce est batteur, mais avant tout percussionniste.
Dans son studio son, il a une extraordinaire collection de percussions de tous genres et de tous les pays. Sur les rayonnages dont ses murs sont garnis, se trouve réunie une extraordinaire documentation (classeurs, CDs, notes, documents sonores), qui constitue une sorte d'encyclopédie des percussions à travers le monde: instruments, ryhtmes traditionnels, méthodes d'apprentissage...
Patrick connait particulièrement bien l'Afrique. Il a vécu au Togo. Les percussions togolaises de Kodjo ont été enregistrées chez lui.

Nous avons commencé à jouer ensemble en 2005. Au moment de la sortie de mon premier album, Etre et avoir été, nous devions faire trois semaines de concerts au Sentier des Halles, à Paris. L'avant-veille, Patrick se casse la main. Il me laisse un message :
-Mauvaise nouvelle, Jean-Pierre. J'ai la main brisée. Je ne vais pas pouvoir jouer avec le groupe. Mais j'ai trouvé un ami batteur qui peut me remplacer. Il s'appelle Amaury Blanchard. Téléphone-lui pour qu'il puisse répéter demain avec toi. Ne t'inquiète pas pour la musique: je crois qu'il joue mieux que moi... Bon, eh bien, maintenant, je pars à l'hôpital pour me faire soigner...

J'ai trouvé ça incroyable: il avait la main en compote (il mettra d'ailleurs plusieurs mois à récupérer), et pourtant sa priorité avait été de s'occuper de moi avant de s'occuper de lui.
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 08:05
Il y a un an environ, j'ai fait la connaissance d'un homme dont l'activité ne m'a pas laissé indifférent: il construit des cabanes dans les arbres. Auparavant, il dirigeait une grosse agence de pub. Un jour, il s'est endormi au bureau pour une petite sieste, et quand il s'est réveillé, il a décidé qu'il allait changer de vie.

Physiquement, je vis en ville et je n'ai pour l'instant aucune intention de me construire ou de me faire construire une cabane perchée autre qu'imaginaire. Pourtant, cette position décalée, en léger surplomb, modeste et sans arrogance, c'est exactement celle que je vise à occuper en tant que chanteur. Celle d'une personne à l'écart, observateur amusé et bienveillant du monde, et, comme on disait de La Fontaine, d'une gaité sans illusions. Si bien que lorsque j'ai fait le brief pour le design de mon nouveau disque au fantastique directeur de création avec qui j'ai la joie de travailler, j'ai nommé Kikko, la cabane est venue comme un élément évident. Le talent de Kikko a fait le reste.

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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 08:30
Si vous cherchez à acheter un hôtel, ou si vous envisagez d'en vendre un, une seule adresse: celle de mon ami Jean Tronchon.

Je l'ai connu chez Flammarion, quand il était directeur financier de J'ai Lu. Puis il est passé par la joaillerie de luxe, et je me souviens de son immense bureau donnant sur la place Vendôme. Il y a quelques années, il s'est mis (pourquoi?) à vendre des hôtels.


Jean est une sorte d'alchimiste de la finance. Il cherche à percer dans les chiffres le secret d'une profession. Il est en quête de la formule magique qui permettrait d'atteindre à coup sûr la rentabilité d'une activité. Pour les hôtels, d'après son blog, cette pierre philosophale comptable tourne autour de la notion de RBE... Dans l'édition, il la voyait plutôt du côté du calcul de la provision pour retours.

J'ai eu récemment de ses nouvelles, parce qu'il a fait paraître sur son blog une gentille info sur moi, en invitant ses lecteurs à me découvrir. Cet article est en quelque sorte un amical renvoi d'ascenseur.
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 08:10
La proposition de Kikko était simple, forte, déclinable. Il remporta la compétition haut la main.

Depuis, nous sommes devenus amis. Depuis, il fait pleinement partie de l'aventure, à laquelle participent avec enthousiasme sa femme et ses enfants. Depuis, je n'organise plus de compétition pour les pochettes de mes disques ou les visuels de mes affiches. C'est Kikko qui conçoit, c'est Kikko qui crée. Je ne vois pas comment il en irait autrement.

Cela nous donne l'occasion de séances de "brainstorming" toujours agréables et toujours fécondes. Il se trouve que les lieux favoris de Kikko sont les miens: le jardin du Luxembourg à Paris, ou entre Chinon et Saumur, à la campagne...

En avant-première pour les lecteurs de ce blog, voici à quoi ressemblera le visuel de la prochaine pochette (document de travail, non finalisé). Toujours ce même parti pris de mêler un portrait photographique avec des dessins. L'idée illustrée ici (hommage à La Fontaine) est celle du "fabuliste rock".


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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 08:18
Au moment où je préparais mon premier disque, je reçois un jour un coup de téléphone d'un certain Kikko. Il me dit qu'il est graphiste, qu'il a entendu parler de moi par un ami de sa femme, et qu'il aimerait beaucoup travailler sur le projet de pochette.
Je lui réponds poliment que j'ai déjà demandé à trois graphistes de réfléchir à des propositions.
- Ça ne fait rien, me dit-il. Je ne demande rien que de pouvoir essayer. C'est juste que ça m'intéresse.

Quelque temps après, je le rencontre, pour qu'il me présente son projet. Il m'a donné rendez-vous dans un petit resto près de la Madeleine, à Paris. Il parle, parle, et ne montre rien. Il parle du vin, du travail des animalcules, de la maturation des êtres, de l'épanouissement des bouquets; tout ceci formant une sorte de filtre à travers lequel il souhaite me donner à voir. Je n'y comprends rien. Il est inquiet, et en même temps il me jauge. Puis il attrape son carton à dessin, et me montre une photo, entourée de formes étranges, qui ressemblent à des fleurs, des insectes, des bactéries.

- Ce sont des dessins faits au XVIIIè siècle pour reproduire ce que l'on voyait au microscope. En fait, ce sont des levures et des micro-organismes qui contribuent à la vinification des raisins. Ils symbolisent le travail du temps: la façon dont, avec le temps, les choses se transforment et se bonifient. Comme toi. Tu vois?

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Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /2009 08:14
Georges Lavaudant, du temps qu'il dirigeait le théâtre de l'Odéon, y avait monté l'Orestie d'Eschyle.
J'avais eu l'occasion de le rencontrer. La conversation était tombée sur ce qui rend certaines pièces réellement exceptionnelles : qu'est-ce qui fait qu'elles traversent les siècles, voire les millénaires, et qu'elles arrivent toujours à toucher le public ?
Il m'avait répondu cette phrase :
- C'est parce qu'elles disent d'une façon unique des choses qui parlent à tous. C'est cela, un chef d'oeuvre. C'est dire des choses universelles sans employer de lieux communs.

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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /2009 08:23

J'ai eu le grand plaisir de rencontrer la semaine dernière les élèves d'une classe de seconde d'un lycée de l'Essonne, à l'invitation de leur professeure.
C'étaient des ados vivants, chaleureux, éveillés, souriants, attentifs. Ils avaient bien travaillé avant ma venue: chansons de bienvenue (merci Mélanie, spécialement pour Sic transit, qui n'est pas facile ni à apprendre ni à chanter), écriture spéciale d'un rap à mon intention (merci Romuald), reportage photo (merci Sabrina). Ce fut l'occasion d'un bel échange, où on a parlé de tout, mais surtout d'écriture et de poésie.


Mes interventions étaient bien sûr ponctuées de chansons. A un moment, j'ai expliqué comment une chanson pouvait naître, et j'ai pris l'exemple de "la différence du cochon" (dont j'avais expliqué la genèse dans ce blog). Puis, joignant le geste à la parole, j'attrape ma guitare et me mets à la chanter. Mais en arrivant à la fin du premier couplet ("peau rose, peu de poils, parfois la queue en tire-bouchon / c'est vrai qu'on leur ressemble à ces cochons") je réalise que mon cochon va tomber à plat: d'abord parce que j'ai devant moi une majorité de jeunes noirs (surtout des filles, d'ailleurs); et ensuite parce que l'idée que "dans le cochon tout est bon" est assez peu répandue chez les musulmans, dont je comprends qu'ils forment aussi une bonne partie de mon auditoire.
Je vais néanmoins bravement jusqu'au bout, en abrégeant un peu. Et je dis:
- Bon, je suppose qu'il y en a pas mal d'entre vous qui ne mangent pas de cochon?
- Ben oui, M'sieur (rires)
- Eh bien c'est un peu dommage, car pour ceux qui peuvent en manger, c'est très bon!
- Ca fait rien, M'sieur. Comme ça il y en a plus pour les autres!

photos © Sabrina Jabnoune


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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /2009 08:22
Qu'est-ce qu'une chanson?
Le Robert nous dit qu'il s'agit d'un "texte mis en musique, généralement divisé en couplets et refrain et destiné à être chanté".
C'est la définition académique, à laquelle techniquement il n'y a rien à redire, sauf qu'elle ne s'accorde pas vraiment à la façon dont la chanson est reçue par la plupart des gens.
Mon père m'a toujours dit: une chanson, c'est d'abord un air. Il rejoignait ainsi Trénet, l'âme des poètes, et ses chansons qui courent dans les rues:
La foule les chante un peu distraite,
En ignorant le nom de l'auteur
(...)
Parfois on change un mot, une phrase,
Et quand on est à court d'idées
On fait la la la la la lai
la la la la la lai...


La vérité d'une chanson, c'est cela avant tout. Aussi je crois que la plus juste, la plus simple et la plus jolie définition qu'on en ait donné, on la doit à Stéphane Hirschi: "un air fixé par des paroles".
Je l'ai entendue de sa bouche cette semaine, car Stéphane Hirschi, amoureux de la chanson française et l'un de ses plus grands connaisseurs, est le créateur et le programmateur du festival Le Quesnoy enChanteurs, auquel il vient de me faire le grand plaisir de m'inviter. (Professeur à l'université de Valenciennes, il a publié plusieurs ouvrages, notamment sur Aragon et Brel, et dirige aux Belles Lettres la collection Cantologie.)
Je m'en vais répéter sa formule à mon vieux père, je suis sûr qu'il va me dire: "c'est exactement ça".


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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /2008 08:36
"La Terre est une capsule spatiale qui peut accueillir 11 milliards d'astronautes au maximum, à condition qu'ils se tiennent tranquilles. Or nous en sommes déjà à sept, et non seulement ils commencent à se cogner aux parois, mais en plus ils tapent sur elles, ils arrachent les fils, ils gaspillent les vivres, ils percent les tuyaux".


C'est assez saisissant d'entendre Roger-Maurice Bonnet, ancien directeur scientifique de l'Agence Spatiale Européenne et président du Comité mondial sur la recherche spatiale, nous parler de la Terre. J'ai eu la chance de faire sa connaissance la semaine dernière. Son sujet de travail actuel, c'est la Terre dans 100 000 ans.

Je lui ai demandé: - Est-ce qu'il y aura encore des hommes, dans 100 000 ans ? Il m'a répondu: - C'est possible. Mais ce n'est pas une question de long terme. Si l'humanité passe le XXIè siècle, c'est possible. C'est dans les trois ou quatre décennies qui viennent que tout se joue.
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