Avant de traverser les nuages

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ARBON vous invite à découvrir sur ce blog les fils qui relient ses chansons, sa vie, son travail d’auteur-compositeur, ses inspirations, ses humeurs, l’air du temps et la vie comme elle va… Pour en savoir plus: www.arbon-lesite.com

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Lundi 19 mai 2008

A propos de préface, il arrive que je fasse oralement un préambule pour introduire une chanson.
Comme en témoigne cet enregistrement en public du 9 avril dernier, (video ci-après), c'est le cas pour Paul et Romeo (dont la musique est due à Oscar Sisto).
On m'a fait valoir en effet que sans ce préambule sur les couples d'amoureux célèbres, la petite fantaisie de mon propos risquait d'être plus difficile à saisir.

par arbon publié dans : Refrains & couplets
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Dimanche 18 mai 2008

Il y a dix ans jour pour jour, le 18 mai 1998, ouvrait le site de 00h00.com, premier éditeur en ligne au monde.

J’avais créé cette société avec Bruno de Sa Moreira. Conformément à la mythologie des « start-ups » (qu’on ne connaissait pas encore) nous avons travaillé pendant plus d’un an dans sa cuisine de la rue Buffon pour concevoir et mettre au point, avec le concours d’un jeune prestataire californien, un système dynamique complètement intégré de publication et de distribution de documents numériques, avec paiement en ligne.

L’histoire de 00h00 dura six ans. Ce fut une aventure extraordinaire, que je ne raconterai pas maintenant. Elle connut une grande notoriété internationale (avec articles dans le New York Times, Fortune, le Wall Street Journal…), et nationale. Nous avons eu le sentiment d'inventer une révolution. Mais c'est sur le terrain de la musique, et pas celui du livre, que le numérique s'embrasa.

Des éditions 00h00, aujourd’hui, tout a disparu. Même dans les sites consacrés aux archives du Net, je n’ai retrouvé aucune image du site. A fortiori, je n’ai pas retrouvé l’écran de la page d’accueil de ce 18 mai 1998.

En fouillant le disque dur d’un de mes anciens ordinateurs, j’ai juste repêché l’image ci-dessous. Elle date de quelques mois plus tard, et présente le livre qui fut notre premier « succès ».



Les couleurs « ethniques » du site apparaissent aujourd’hui étonnantes. Le designer qui conçut les aspects graphiques de 00h00 avait dans son bureau un poster qui disait : « What you miss in computers is a little bit of Africa ».
par arbon publié dans : Le fil des jours
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Samedi 17 mai 2008

L’évocation récente de la bataille de Lépante m’a mis sur la piste de Miguel de Cervantès. L’auteur de Don Quichotte y combattit. Il fit partie des innombrables blessés et y perdit l'usage de la main gauche, « pour la gloire de la droite » dira-t-il.

Je me suis donc replongé dans Don Quichotte. La préface en est certainement l’un des passages les plus savoureux.  Cervantès s’y décrit lui-même en train d'essayer de l'écrire, dans cette attitude que les gens de plume à la recherche d’inspiration ne connaissent que trop bien :
« j’étais indécis, le papier devant moi, la plume sur l’oreille, le coude sur la table et la main sur la joue, pensant à ce que j’allais dire… »

A l’époque il était d’usage qu’un auteur fasse précéder un ouvrage de toutes sortes d’épigrammes, d’éloges et de citations, empruntés soit à d’illustres prédécesseurs, soit à de nobles contemporains, moins talentueux sans doute, mais dont il était convenable de rechercher la protection. Ce que notre ami trouve assommant et inutile, «parce que je suis naturellement paresseux d’aller à la quête d’auteurs qui disent pour moi ce que je sais bien dire sans eux ».

S’ensuit une éblouissante dissertation sur le pédantisme et l’art et la manière de faire semblant d’être érudit, à la lecture de laquelle je vous renvoie, et dont je confesse m'inspirer parfois dans la tenue de ce blog.


par arbon publié dans : Lu, vu, entendu...
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Vendredi 16 mai 2008
Pour sa scène ouverte de dimanche, Hervé Dalmais me demande :
- Aimerais-tu m'envoyer des slogans de ton cru pour 68-08 (pas nécessairement politiques) et des utopies que tu aimerais voir arranger notre monde?...

Je ne sais pas. J'ai toujours pensé (penché) du côté de Molière ou de Brassens. Respectivement :
Et c'est une folie à nulle autre seconde / De vouloir se mêler de corriger le monde
et
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on / Est plus de quatre on est une bande de cons

Je me méfie des foules, et des bonnes intentions. Je n'ai jamais été dans une manif, je n'ai jamais signé une pétition. Pas nécessairement par désaccord avec les motifs de protestation, mais seulement par retenue. Pour ne pas ajouter du bruit au bruit, du désordre au désordre.

Mais la question d’Hervé me travaille plus que je n'aurais cru. Est-ce pour ne pas refuser une main tendue ? Est-ce pour être enfin un peu solidaire, que je suis tenté pour une fois de sortir de ma réserve ? (entendre ce mot dans le double sens de réticence et de discrétion). Est-ce pour la chaleur de l'échange, pour l'élan fraternel?

Il m’arrive assez souvent d’accompagner ma femme à la messe. Mon moment préféré, c’est celui du signe de paix. On serre la main, ou on embrasse, les inconnus à côté desquels on est placé. Ça force à se regarder, à se parler, à se sourire. Ça force à donner et à recevoir. (Tout ceci devient si rare, dans un monde d’écrans).

Alors voici mon utopie, pour ta journée, Hervé. Demande à ceux qui seront dans la salle du centre FGO-Barbara dimanche de faire la même chose. De se donner une accolade ou un baiser fraternels. D’échanger un signe de paix.
 
N’est-ce pas Gandhi qui disait : « Soyez vous-même le monde tel que vous voulez qu’il soit » ?

Muhammad Yunnus, prix Nobel de la Paix, et sa fille Dina
par arbon publié dans : Au fil des rencontres
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Jeudi 15 mai 2008

Il existe de nos jours une multitude d’auteurs méconnus, à qui il arrive d’avoir un coup de génie.

Tel est le cas d’Alain Prunier, fabuliste injustement obscur, à qui l’on doit ce concentré surréaliste de jeu de mots en vers :

Une génisse avait deux passions dans la vie :
De l’éléphant le cri et de Flaubert l’écrit.
Si bien qu’un beau matin, madame veau barrit.




Si la génisse lit, on peut imaginer que l'éléphant fait de même. Je trouve que celui-ci a l'air de sortir de la lecture des Mémoires de Guerre du Général de Gaulle.
par arbon publié dans : Lu, vu, entendu...
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Mercredi 14 mai 2008

Puisque s’ouvre aujourd’hui le festival de Cannes, je vous livre ici le souvenir de la seule et unique fois où j’y suis allé.

C’était en 1995. Jeanne Moreau, Présidente du Jury, m’avait convié à un déjeûner qu’elle donnait à l’hôtel Martinez.

Je débarque le matin même par avion de Paris. A l’aéroport de Nice, une voiture officielle m’attend. Noire, étincelante, vitres fumées. Le chauffeur m’ouvre la portière, nous prenons l’autoroute et filons vers la Croisette.

Arrivés au Martinez, une foule assez dense de badauds se masse derrière les barrières de sécurité. Chasseurs d’autographes, paparazzi amateurs, guettant les stars et surveillant tous ceux que l’on n’appelait pas encore les pipoles.

La voiture s’arrête devant l’entrée - dûment gardée - de l’hôtel. Le temps que le chauffeur montre patte blanche, un visage rubicond s’écrase contre ma vitre. Je vois deux gros yeux qui scrutent avidement à travers le fumage, et se fixent sur moi. Avec une moue dépitée, l’homme se redresse, et crie :
    - Ne poussez pas, derrière. Dans celle-là, y’a personne !


par arbon publié dans : Lu, vu, entendu...
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Mardi 13 mai 2008

C'était un énorme graffiti qu'on pouvait lire sur le mur de l'Ecole des Beaux Arts, rue Bonaparte :

Cent milliards de mouches ne peuvent se tromper : bouffez de la merde !

Je date le slogan de mai 68, mais il est peut-être postérieur.

Mais qu’est-ce que cent milliards de mouches ? Rien du tout, si j’en crois le site du Jura agricole et rural, sur lequel (merveilles de Google) j’ai atterri en quête de précisions.

J’y lis en effet qu’un couple de mouches, en avril, peut donner naissance à « 190 milliards de milliards de mouches au mois d’août, si le cycle de sept jours est observé ». Commentaire avisé du site : « C’est plus que considérable ».

Vérification faite, c’est un million de fois moins que ça. C’est exactement 191,000,000,000,000 (cent quatre vingt onze mille milliards), d’après un site américain cette fois. Mais c’est toujours considérable, puisque, d'après la même source,  cela pourrait couvrir la Terre d’une couche de mouches de 14 mètres de haut.


par arbon publié dans : Lu, vu, entendu...
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Lundi 12 mai 2008

L'obligation de faire maigre le vendredi, les Espagnols en furent dispensés par le pape Pie V après la bataille navale de Lépante, remportée en 1571 contre les Turcs, qu'on appelait aussi les Infidèles, et qui incarnaient alors un genre de grand Satan (en matière d'obscurantisme les chrétiens de l'époque n'avaient pas grand chose à envier à certains musulmans d'aujourd'hui).

Conséquence: jeûne en-deçà des Pyrénées, bombance au-delà. Ce « deux poids deux mesures » me choqua profondément. Car on nous avait enseigné au catéchisme que l'abstinence était une règle destinée à rappeler aux chrétiens les souffrances et la mort de leur Sauveur, un garde-fou qui empêchait l'âme de sortir des idées religieuses, et que c'était un grave péché que de l'enfreindre. Et voilà que ce qui était imposé aux uns ne l'était pas aux autres. Que valaient donc les raisons invoquées ? Si elles avaient été bonnes et réelles, elles ne pouvaient qu'être universelles, et s'étendre à tous. A l'évidence l'Eglise fournissait avec une telle dispense la preuve de sa duplicité, et montrait que le dogme, loin d'affirmer sa primauté théologique, avait au contraire une humaine propension à s'infléchir au réel et à se plier à la politique.

Reste que la bataille avait été sévère. D'après ce que j'en lis, près de 600 navires s'affrontèrent. La galère, comme genre d'embarcation de guerre, y périt, surpassée par des navires à voile plus rapides et manoeuvriers. En un peu plus d'une demie journée il y eut 40000 morts ou blessés, et tout s'arrêta vers 16h lorsque la tête de turc de l'amiral ottoman Ali Pacha fut placée en haut du mat du plus grand galion espagnol.

galeres-lepante
par arbon publié dans : Lu, vu, entendu...
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Dimanche 11 mai 2008

J’ai entendu à la radio que dans une affaire de meurtre, la police avait arrêté un homme, et qu’elle était certaine à 90% de détenir le suspect.

L’enquête démarre mal...


par le facteur publié dans : Lu, vu, entendu...
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Samedi 10 mai 2008

Hervé Dalmais est un citoyen français dont j'ai fait la connaissance récemment.

Il est l'auteur d'une Lettre à la République, que j'ai lue.

Sa lecture m'a secoué. Elle m'a fait l'effet d'une main ferme et bienveillante qui m'a serré très fort par le bras et qui m'a dit "regarde, écoute", je suis français citoyen français, et voici ce que pour moi aujourd'hui ça veut dire.

Colère, tendresse et espérance.

"je suis français citoyen français je n'aime pas que l'on frappe les enfants au nom de la sécurité"
"je suis français citoyen français tous les enfants des écoles sont de ma famille"
"je suis français citoyen français (...) c'est-à-dire perpétuellement amoureux perpétuellement prêt pour la bagarre et l'émerveillement c'est-à-dire mortel et sans cesse en floraisons"
"fou de partage fou de language je suis français citoyen français"

Le 18 mai, au centre FGO-Barbara, Hervé Dalmais nous convie à l'insurrection poétique. "Impros, slams, musiques, percussions, songs, reprises, fraternité, politique, affiches, slogans, collage, débat, photos, videos..."

Le maître-mot, c'est fraternité.


Lettre à la République, Hervé Dalmais, Editions Le Grand Souffle

par arbon publié dans : Au fil des rencontres
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