© Hugues Barrière

CONCERTS A VENIR

le mercredi 10 mars 2010 à 20h30
Théâtre de SAINT MAUR DES FOSSES
20 rue de la liberté - 94100 Saint-Maur-des-Fossés
Réservation : 01 48 89 99 10

le jeudi 18 mars 2010 à 20h
Festival MARS EN CHANSON
CHARLEROI Belgique

le mardi 23 mars 2010 à 20h
L'EUROPEEN
5 rue Biot 75017 PARIS
Réservation : 01 43 87 97 13
www.leuropeen.info

le mardi 30 mars 2010 à 20h30
LES TRINITAIRES
10-12 rue des Trinitaires 57000 METZ
Réservation: 03 87 20 03 03
billeterie@lestrinitaires.com

Nouvelles chansons


Ecoutez mes nouvelles chansons, et choisissez celles que vous aimeriez voir figurer sur le prochain disque en les notant de 1 à 5. En savoir plus.

Avant de traverser les nuages

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ARBON vous invite à découvrir sur ce blog les fils qui relient ses chansons, sa vie, son travail d’auteur-compositeur, ses inspirations, ses humeurs, l’air du temps et la vie comme elle va… Pour en savoir plus: www.arbon-lesite.com

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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 08:36
C'est un endroit hors du temps, en plein Paris. La librairie José Corti, rue de Médicis, en face du Luxembourg.

Corti-1.jpg
J'ai le souvenir (il me semble avoir le souvenir) d'y être entré, enfant, avec mes grands-parents, un jour qu'ils m'avaient emmené faire voguer un bateau à voile sur le bassin du jardin. J'y suis revenu une ou deux fois lorsque j'étais étudiant: c'est là que j'ai acheté "Le géranium ovipare", deuxième recueil de poèmes de Georges Fourest, dont j'avais déjà (on me l'avait offert) la sublime "Négresse blonde". Plus tard, du temps que je travaillais juste à côté, chez Flammarion, rue Racine, j'ai fréquenté l'endroit plus souvent.

J'y suis retourné l'autre jour pour signer le contrat de ma chanson "les Hannetons" (mise en musique de la "Ballade pour faire connaître mes occupations ordinaires" de Fourest, dont Corti détient les droits). Rien n'a changé. C'est toujours sur trois hauts murs une magnifique bibliothèque, avec échelles en bois, et des tables avec des piles de livres, disposées dans un discret désordre, légèrement tremblé, qui atteste que les livres ont été pris en main, feuilletés, humés, avant d'être remis en place, et une atmosphère de silence respectueux, car ici on ne parle pas à voix haute, on murmure, pour ne pas déranger la quiétude sourde des ouvrages, ni troubler l'immobilité floue et la lumière patinée de ce lieu où le temps, semble-t-il, ralentit au point d'acquérir une densité sensible, et qu'on a l'impression qu'on peut presque le toucher, l'entendre ou le voir.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : Chroniques du temps présent
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 08:20
J'ai suivi il y a quelques années un stage de clown, intitulé "Recevoir son clown", animé par un personnage assez fascinant nommé Hervé Langlois (rien de commun, à ce que je sache, avec mon ami Jacques, qui n'en est pas moins lui aussi, mais pour d'autres raisons, fascinant).

herverond.jpg
Je ne suis pas sûr d'avoir trouvé sur le moment le clown qui était en moi. Mais quelque chose a éclos petit à petit, au fil du temps, et à mesure que les commandements qui, d'après Hervé Langlois, gouvernent la vie du clown, me devenaient de plus en plus accessibles:

1. Tout va bien (mais personne ne s'en doute)
2. Pour trouver la liberté, tu chercheras la contrainte
3. Tu seras toujours dans le présent et tu arriveras toujours à l'heure
4. Tu ne seras sûr de rien mais tu ne douteras jamais
5. Tu diras toujours oui même quand tu diras non
6. Tu vivras sans protection, avec tes résistances
7. Tu seras toujours détendu, vif et élégant
8. Tu chercheras le petit pour trouver le grand
9. Tu iras toujours jusqu'au bout
10. Tu jubileras de tout.

C'est simple et profond, et beau comme du Saint Augustin : ma règle, c'est ma liberté.

Par arbon - Publié dans : Au fil des rencontres - Communauté : L'art et la manière
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 08:42
Boris Vian est mort en assistant à la première du film tiré de son roman "J'irai cracher sur vos tombes".
Philip K. Dick est mort la veille d'aller voir "Blade Runner", tiré de son roman "Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques?"
mort à l'écran
Ce rapprochement produit un sens étrange. Comme si ces deux auteurs, dont tout l'art de l'imaginaire se déployait librement à l'écrit, avaient fait une sorte d'allergie mortelle à la mise en image de leurs univers.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : Chroniques du temps présent
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 08:03
La dramaturgie d'un concert (j'espère que je ne vais pas choquer mon ami Maurice en écrivant ce propos apparemment -mais peut-être pas très- catholique) doit pour moi se caler d'une certaine façon sur celle de la messe. C'est curieux à exprimer ainsi, étant donné le nombre de fois (enfant surtout) où je me suis ennuyé à la messe, et pourtant...

coltrane_extase.jpgJohn Coltrane

Comme dans la liturgie, le concert se construit en montée jusqu'à un pic émotionnel, qui se trouve à peu près aux deux tiers du parcours. A la messe, entrée, lectures, offertoire amènent à la consécration, c'est-à-dire au moment du mystère eucharistique, quand les hosties deviennent le corps du Christ. Sur scène, cela se traduit par un début et un milieu de concert où toutes les balises musicales sont posées, les thématiques déployées, les échanges avec le public nourris et suffisamment développés pour procéder au décollage. Le coeur du concert se déroule en trois chansons: une première qui, par rapport à celles qui l'ont précédé, est hors normes ou susceptible d'être traitée comme telle: puissance, force, durée, avec une plage musicale où les musiciens peuvent lâcher la bride et laisser éclater leur joie ou leur rage de jouer; une autre presque silencieuse, fragile, méditative, solitaire, recueillie; et une dernière qui vient s'épanouir par-dessus les deux autres, comme une figure insolite et accueillante apparaissant sur la rive du pays lointain où l'on vient (si tout va bien) d'aborder.

Invocation, génuflexion, élévation: pour ceux qui étaient à mon concert d'avant-hier à l'Européen, cette séquence était composée de M'enfuir vers toi / Senghor à Bel-Air / Il pleut au paradis.

Ensuite, le temps est venu de communier, c'est-à-dire de se réjouir et de faire la fête, et de chanter tous ensemble avant de se séparer en s'embrassant.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : L'art et la manière
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 08:20
C'est rare que les blagues qu'on m'envoie soient drôles. C'est encore plus rare que la mendicité fasse rire. Mais cette photo, je l'avoue, m'a bien amusé.

Je l'ai reçue par email, avec pour seul commentaire:
"C'est la crise, on le sait... 
mendicité
...mais le chat exagère!"
Par arbon - Publié dans : Lu, vu, entendu... - Communauté : Chroniques du temps présent
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 08:30
Europ-en.jpg
Ce soir, je chante à l'Européen. C'est l'avant-première d'un nouveau spectacle, où je chanterai pour la première fois toutes les chansons du nouveau disque "Ça arrive à tout le monde".

J'ai beaucoup travaillé sur ce spectacle. J'ai essayé de définir de manière aussi précise que possible les raisons qui me poussent à vouloir faire de la scène aujourd'hui. Qu'ai-je envie de dire, de montrer, de chanter? Quelle posture adopter? Les clés se trouvent dans les expressions "fabuliste rock" et "chanteur perché", au sens où j'ai déjà eu l'occasion de les expliciter sur ce blog. Un homme m'a particulièrement aidé dans ce travail: Jorge Parente, comédien, metteur en scène, et formateur. Il s'est embarqué avec clairvoyance et enthousiasme dans mon aventure. Avec lui, je pense avoir franchi un cap ; j'espère que ce sera visible tout-à-l'heure.

On n'imagine pas tout ce qu'il faut parvenir à libérer dans son corps et dans sa tête pour pouvoir, peut-être, accomplir sur scène un peu de ce qu'on rêve. Surtout lorsque, comme moi, on s'est efforcé pendant l'essentiel de sa vie d'avoir des comportements rationnels, de maîtriser ses émotions, de prendre des habitudes de contrôle. J'ai longtemps considéré comme des éléments parasites tout ce qui était susceptible de me détourner d'un idéal d'homme pondéré, raisonnable, responsable et discret. Aujourd'hui, je défais tout, peu à peu. Je ne change pas ma nature, mais je ne cherche plus à la lisser. Je veux qu'elle se révèle, s'exprime, s'épanouisse. Je suis comme ce bonsaï que l'on ne coupe plus.

Pour en revenir au spectacle stricto sensu, celui de ce soir est une étape dans ce travail. La sortie commerciale du disque et la tournée qui l'accompagne sont programmés pour le mois de mars. D'ici-là, beaucoup de choses évolueront encore.

Lorsque j'ai commencé ce métier d'artiste de scène, il y a six ans, j'ai aussi été accompagné un long moment par une femme formidable, Marina Tomé. Elle savait tout le chemin que j'avais à faire. Mais chaque fois que je montais sur scène, au lieu d'insister sur tout ce qui me faisait encore défaut, elle me disait simplement en souriant: "Donne-nous, avec plaisir, là où tu en es rendu".

Rendez-vous à 20h.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : Chroniques du temps présent
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 08:16
Dans un récent petit essai économique (L'effet sablier, de Jean-Marc Vittori, Grasset), on apprend "qu'avant même l'éclatement de la crise bancaire de 2008, les psychiatres newyorkais recevaient de riches patients traders qui confiaient dans le secret du cabinet médical leur impression de gagner trop, et donc leur crainte de l'avenir".

On voit ainsi que le trader a une mentalité petite-bourgeoise, bien loin de celle d'Auguste, à qui Corneille fait dire, dans Cinna, que "monté sur le faîte, il aspire à descendre". Le trader n'aspire pas à descendre, il craint de perdre ce qu'il a (mal) gagné.

chute trader
Auguste:
J'ai souhaité l'empire, et j'y suis parvenu (...)
Dans sa possession, j'ai trouvé pour tous charmes
D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes...

Ses "effroyables soucis", le trader n'envisage pas de renoncer à leur cause. Il cherche plutôt à se transformer lui-même, et à se guérir d'en avoir.
Par arbon - Publié dans : Lu, vu, entendu... - Communauté : Chroniques du temps présent
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 08:25
Vendredi, c'était la première répétition de mon concert du 16 avec les musiciens.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu Gérard. Il a fait provision de nouvelles histoires. On n'est pas "La Pliure" pour rien: la Pliure, c'est le surnom affectueux dont l'avait affublé Coluche quand ils travaillaient ensemble, sans doute parce qu'il le faisait plier de rire assez souvent.
Et il est vrai que les histoires de Gérard sont drôles. Pas toujours fines, mais drôles, (comme celles de Coluche, d'ailleurs), ne serait-ce que par le plaisir qu'il a à les raconter. Voici la dernière: "Tu sais ce que c'est, une mariée? C'est une jeune femme qui est en blanc le matin et enfoncée le soir".
mariee-pingouin.png
(Sur la question de la transcription des jeux de mots qui sont faits pour être entendus, je renvoie à mes réflexions antérieures sur ce blog: Comment lire Harry et René)
Par arbon - Publié dans : Lu, vu, entendu... - Communauté : Fourre-tout * inclassable
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 08:13

Amaury Blanchard était en effet beaucoup mieux qu'un remplaçant: c'était le batteur de Renaud, de Gerald de Palmas, de Patricia Kaas. Un type d'une précision absolue, capable de tenir sans bouger n'importe quel tempo.

C'était un vieux complice de Gérard Prévost. Ils avaient joué ensemble sur plusieurs tournées de Renaud au temps de sa gloire, de la fin des années soixante-dix au milieu des années quatre-vingts. Ces deux-là avaient véritablement connu tout le monde dans le show-biz à l'époque. Voyager avec eux pour aller donner un concert quelque part devenait ainsi, par la magie de leurs souvenirs, un voyage dans le voyage, un défilé de noms célèbres et oubliés, un crépitement d'anecdotes drôles, cocasses, ou sordides, et l'écoute de ces évocations me plongeait dans une sorte de nostalgie joyeuse qui s'accordait étrangement aux paysages de montagnes enneigées ou de campagne pluvieuse qui glissaient derrière les vitres du train.

J'aime beaucoup Amaury. C'est un homme d'une sensibilité extrême, un révolté, un contestataire généreux. Ça s'entend, et quand il joue, les pulsions de sa violence se transforment en rythme et en beauté.
Par arbon - Publié dans : Au fil des rencontres - Communauté : Chroniques du temps présent
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 08:27
Je me trouvais récemment dans une petite assemblée parisienne où, autour d'une dégustation de bons vins, la discussion tournait sur les comportements négatifs.

L'un des convives proposa à notre réflexion une méthode pour aborder les situations que nous cherchons à éviter, et face auxquelles nous avons tendance à être entrainés dans une mauvaise spirale. Il s'agit de lister les attitudes défavorables que l'on se met, consciemment ou non, à adopter dans ces cas-là. Par exemple, attendre le dernier moment, arriver en retard, se réfugier dans le mutisme, ou l'agressivité, ou la provocation... Son approche était très simple: identifier par avance les travers dans lesquels on sait qu'on risque de tomber. Connaissant ainsi les dangers qu'on peut se faire courir à soi-même, il devient plus facile de s'en préserver.

Ce qui m'a plu, c'est le nom qu'il donna à sa méthode. Il l'appela joliment "la feuille de déroute". Faire la liste de tous les chemins qui se présenteront à nous, et qu'il faudra ne pas emprunter.

feuille-de-route-1871.jpg
Par arbon - Publié dans : Lu, vu, entendu... - Communauté : Chroniques du temps présent
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