Mardi 3 novembre 2009
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08:48
Cela fait un moment que j'ai envie de faire un article sur Alex Beaupain. Un an, en fait, depuis qu'est sorti son disque qui s'appelle "33 tours".
Il est assez rare que j'adhère d'emblée à l'univers d'un "nouveau" chanteur. Avec lui ça a été le cas. On m'a offert son disque. Je l'ai versé dans mon iPhone, où j'ai des centaines de chansons que
j'écoute en "aléatoire". Cela réserve des surprises. C'est en courant dans les bois, sur les feuilles mortes, que je suis tombé sur
Juste ces mots.
Une autre chanson du disque s'appelle
Novembre. Nous y voici. C'est un mois subtil et sombre qui convenait bien à la sortie de ces ballades légères, fortes, acidulées, poignantes, et pour
tout dire d'une insondable mélancolie.
Par arbon
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Lundi 26 octobre 2009
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08:59
Quarante ans! Ça fait quarante ans que les Rolling Stones ont sorti Let it bleed (en décembre 1969).
Dans la famille, c'est mon frère
qui était Stones. Stones à fond. Moi j'étais plutôt Beatles. Mais je dois dire qu'il y a
des chansons des Stones que je trouvais fantastiques, et parmi celles-ci, au premier rang, You can't always get what you want.
C'était si inattendu, cette longue intro tenue par un choeur dominé par des voix de femmes et d'enfants, puis l'entrée de la guitare acoustique, puis un trombone, puis la voix de Jagger nue sur la
seule guitare, puis le shaker qui démarre, puis une phrase de piano, et enfin, le groupe qui se met à jouer... 7minutes 33 secondes d'un mélange des genres invraisemblable, enthousiasmant, avec
retour régulier du choeur, et une montée finale interminablement majestueuse, gonflée de voix presque séraphiques sur lesquelles la batterie se déchaine...
Quarante ans plus tard, elle me fait toujours de l'effet.
(Brian Jones -2è en partant de la gauche-, qui n'a pratiquement rien joué sur ce disque, s'était fait
viré virer du groupe avant de mourir en
juillet 69. Mais cette photo étrangement angélique des Stones va bien avec la chanson.)
Par arbon
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Vendredi 16 octobre 2009
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08:50
Tout amateur de chanson en général, et de
chanson idiote en particulier, doit s'incliner respectueusement devant la mémoire
de Jean Constantin (1923-1997). C'est un maître, dont les compositions ont été interprétées par Piaf (Mon manège à moi), Zizi Jeanmaire (Mon truc en plumes), Annie Cordy (Fleur de papillon), ou
encore Yves Montand (Ma gigolette).
Le pacha est l'incroyable rencontre du calembour français et de la musique latino-cubaine autour d'un shah persan qui ressemble plutôt à un émir arabe, et dont le rêve, curieusement,
"c'était d'voir pousser l'gazon".
J'aime les inventions vocales dont Jean Constantin parsème ses chansons, et ici particulièrement un "chibidibidi" que je reprends, en hommage, en seconde voix, à la fin de ma chanson "Trop
nombreux" (à paraître sur mon prochain disque).
Par arbon
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Jeudi 1 octobre 2009
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08:33
Parmi les Beatles, mon préféré a toujours été George Harrison. Les chansons des Beatles n'étant pas disponibles sur Deezer, je ne peux pas vous faire écouter "Something", qui vaut largement à mon
sens les plus grandes chansons signées Lennon-Mc Cartney.
Il y a chez Harrison un monde d'harmonies, complexes, étranges, des accords (mineurs ou non) de 6è, de 9è, 13è, qui me plaisent énormément. Harrison est un coloriste infiniment plus subtil que ses
collègues, qui ont davantage recours aux couleurs franches des accords simples ou parfaits.
Isn't it a pity en est une très belle illustration. Cette chanson, enregistrée en 1970, avait parait-il été refusée par Lennon pour figurer sur le dernier disque des Beatles. Pour
moi, c'est l'une des plus grandes chansons jamais composées. Les paroles sont magnifiques d'humanité et de compassion, et je la place bien au-dessus d'
Imagine dans mon "top 50"
personnel.
Par arbon
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Mardi 22 septembre 2009
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08:53
Faisons preuve d'originalité : parlons du 22 septembre le 22 septembre.
Enfin parlons... Taisons-nous plutôt, pour écouter Brassens nous en parler, dans cette chanson d'une perfection classique. L'automne, l'équinoxe, les hirondelles, le deuil des feuilles, les
escargots, les châtaignes... Tout est là, jusqu'au sourire de la nostalgie.
Et puis, en prime, faisons attention à la musique. Chez Brassens, on ne se méfie jamais assez de la musique. Ecoutons ce qu'en fait un compositeur et arrangeur de jazz comme Michel Zenino.
Par arbon
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Mercredi 26 août 2009
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08:03
Voir un ami pleurer est une extraordinaire chanson du dernier disque de Brel, les Marquises.
Le piano, les arpèges, l'arrivée des cordes, la succession d'images, "ces villes épuisées par ces enfants de cinquante ans", "les métros remplis de noyés"... C'est presque dans le style de
Ferré.
Par arbon
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Mercredi 12 août 2009
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08:09
Ma chanson préférée de Brel, c’est Jacky.
Tout Brel est dans cette chanson, et pas simplement parce qu’elle se présente comme une sorte d’autoportrait. Elle me fait penser aux masques des tableaux de James Ensor. Elle possède ce trait
carnavalesque, cet enjouement dans la caricature, cette frénésie débordante, grotesque, incarnée, qu’on trouve déjà dans les fêtes au village de Bruegel : la vie grosse, exagérée, paillarde,
bruyante, qui devient à elle-même sa propre dérision.
« Même si un jour à Knokke-le-Zoute / Je deviens comme je le redoute / Chanteur pour femmes finissantes »
Le génie de la Flandre irradie fifres, cuivres et tambours. Et le rêve d’un bonheur lourd, solide, massif : être beau et con à la fois.
Par arbon
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Lundi 20 juillet 2009
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08:22
Misty est une merveilleuse mélodie d'Erroll Garner. Tous les grandes voix du jazz l'ont enregistrée, à commencer par Ella Fitzgerald et Aretha Franklin.
Sarah Vaughan, dans cette célèbre version "live", double la durée de la chanson, et la transforme peu à peu en un étonnant jeu érotique vocal. C'est éblouissant de fantaisie, de technique, de
sensualité, d'humour.
Par arbon
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Vendredi 10 juillet 2009
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08:32
Cat Stevens, à la fin des années 70, est devenu Yusuf Islam. C'est triste, car ça l'a empêché de chanter. Or j'ai beaucoup écouté Cat Stevens, et singulièrement l'album "Tea for the Tillerman"
(1970), qui comprenait notamment Where do the children play, Sad Lisa, Hard-headed woman, et Father and son.
Dialogue (de sourds) entre un père et son fils. Sempiternelle histoire, comme le dit la chanson elle-même: "It's always been the same, same old story"...
C'est une chanson que j'ai souvent eue en tête, il y a quatre ou cinq ans, lorsque les relations auraient pu être tendues entre mon fils et moi.
Par arbon
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Mardi 23 juin 2009
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08:42
Selon Francis Cabrel, les trois ingrédients d'un texte de chanson réussi sont le son, le sens et le swing. Je suis
bien
d'accord avec lui.
Je ne tiens pas Cabrel pour un parolier considérable, cependant je trouve infiniment de charme à certaines de ses chansons. Ainsi en est-il de "C'est écrit". Ce n'est pas magnifiquement écrit (la
rime entre
autre et
emporte est par exemple plus que discutable), mais c'est écrit, et ça fonctionne.
Par arbon
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