© Hugues Barrière

CONCERTS A VENIR

A l'EUROPEEN 5 rue Biot 75017 PARIS
le mercredi 16 décembre 2009 à 20h
le mardi 23 mars 2010 à 20h

Festival MARS EN CHANSON
Charleroi BELGIQUE
le jeudi 18 mars 2010 à 20h

Nouvelles chansons


Ecoutez mes nouvelles chansons, et choisissez celles que vous aimeriez voir figurer sur le prochain disque en les notant de 1 à 5. En savoir plus.

Avant de traverser les nuages

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ARBON vous invite à découvrir sur ce blog les fils qui relient ses chansons, sa vie, son travail d’auteur-compositeur, ses inspirations, ses humeurs, l’air du temps et la vie comme elle va… Pour en savoir plus: www.arbon-lesite.com

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Le fil des jours

Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 08:42
Boris Vian est mort en assistant à la première du film tiré de son roman "J'irai cracher sur vos tombes".
Philip K. Dick est mort la veille d'aller voir "Blade Runner", tiré de son roman "Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques?"
mort à l'écran
Ce rapprochement produit un sens étrange. Comme si ces deux auteurs, dont tout l'art de l'imaginaire se déployait librement à l'écrit, avaient fait une sorte d'allergie mortelle à la mise en image de leurs univers.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : Chroniques du temps présent
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 08:03
La dramaturgie d'un concert (j'espère que je ne vais pas choquer mon ami Maurice en écrivant ce propos apparemment -mais peut-être pas très- catholique) doit pour moi se caler d'une certaine façon sur celle de la messe. C'est curieux à exprimer ainsi, étant donné le nombre de fois (enfant surtout) où je me suis ennuyé à la messe, et pourtant...

coltrane_extase.jpgJohn Coltrane

Comme dans la liturgie, le concert se construit en montée jusqu'à un pic émotionnel, qui se trouve à peu près aux deux tiers du parcours. A la messe, entrée, lectures, offertoire amènent à la consécration, c'est-à-dire au moment du mystère eucharistique, quand les hosties deviennent le corps du Christ. Sur scène, cela se traduit par un début et un milieu de concert où toutes les balises musicales sont posées, les thématiques déployées, les échanges avec le public nourris et suffisamment développés pour procéder au décollage. Le coeur du concert se déroule en trois chansons: une première qui, par rapport à celles qui l'ont précédé, est hors normes ou susceptible d'être traitée comme telle: puissance, force, durée, avec une plage musicale où les musiciens peuvent lâcher la bride et laisser éclater leur joie ou leur rage de jouer; une autre presque silencieuse, fragile, méditative, solitaire, recueillie; et une dernière qui vient s'épanouir par-dessus les deux autres, comme une figure insolite et accueillante apparaissant sur la rive du pays lointain où l'on vient (si tout va bien) d'aborder.

Invocation, génuflexion, élévation: pour ceux qui étaient à mon concert d'avant-hier à l'Européen, cette séquence était composée de M'enfuir vers toi / Senghor à Bel-Air / Il pleut au paradis.

Ensuite, le temps est venu de communier, c'est-à-dire de se réjouir et de faire la fête, et de chanter tous ensemble avant de se séparer en s'embrassant.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : L'art et la manière
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 08:30
Europ-en.jpg
Ce soir, je chante à l'Européen. C'est l'avant-première d'un nouveau spectacle, où je chanterai pour la première fois toutes les chansons du nouveau disque "Ça arrive à tout le monde".

J'ai beaucoup travaillé sur ce spectacle. J'ai essayé de définir de manière aussi précise que possible les raisons qui me poussent à vouloir faire de la scène aujourd'hui. Qu'ai-je envie de dire, de montrer, de chanter? Quelle posture adopter? Les clés se trouvent dans les expressions "fabuliste rock" et "chanteur perché", au sens où j'ai déjà eu l'occasion de les expliciter sur ce blog. Un homme m'a particulièrement aidé dans ce travail: Jorge Parente, comédien, metteur en scène, et formateur. Il s'est embarqué avec clairvoyance et enthousiasme dans mon aventure. Avec lui, je pense avoir franchi un cap ; j'espère que ce sera visible tout-à-l'heure.

On n'imagine pas tout ce qu'il faut parvenir à libérer dans son corps et dans sa tête pour pouvoir, peut-être, accomplir sur scène un peu de ce qu'on rêve. Surtout lorsque, comme moi, on s'est efforcé pendant l'essentiel de sa vie d'avoir des comportements rationnels, de maîtriser ses émotions, de prendre des habitudes de contrôle. J'ai longtemps considéré comme des éléments parasites tout ce qui était susceptible de me détourner d'un idéal d'homme pondéré, raisonnable, responsable et discret. Aujourd'hui, je défais tout, peu à peu. Je ne change pas ma nature, mais je ne cherche plus à la lisser. Je veux qu'elle se révèle, s'exprime, s'épanouisse. Je suis comme ce bonsaï que l'on ne coupe plus.

Pour en revenir au spectacle stricto sensu, celui de ce soir est une étape dans ce travail. La sortie commerciale du disque et la tournée qui l'accompagne sont programmés pour le mois de mars. D'ici-là, beaucoup de choses évolueront encore.

Lorsque j'ai commencé ce métier d'artiste de scène, il y a six ans, j'ai aussi été accompagné un long moment par une femme formidable, Marina Tomé. Elle savait tout le chemin que j'avais à faire. Mais chaque fois que je montais sur scène, au lieu d'insister sur tout ce qui me faisait encore défaut, elle me disait simplement en souriant: "Donne-nous, avec plaisir, là où tu en es rendu".

Rendez-vous à 20h.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : Chroniques du temps présent
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 08:00
J'ai eu le privilège d'intervenir lors du MBA de l'ESCP-Europe, et d'assister à la remise des diplômes vendredi dernier. Cette formation est une des plus réputées en son genre, et cette année c'est l'une des élèves de cette promotion qui a été élue "MBA student of the year" par le journal anglais "The Independent".

Lors de cette cérémonie, j'ai été frappé par l'accent mis par les différents intervenants sur le fait que travailler dans une entreprise ne se limitait pas à accomplir des tâches à finalité économique. Tous insistaient sur les valeurs humaines, le lien social, le rôle nécessaire des sociétés privées comme lieu d'intégration, au-delà même de leur sphère naturelle de recrutement. A ces futurs managers, un ancien patron au parcours prestigieux lança: "Ne croyez pas que diriger une entreprise consiste seulement à enrichir les actionnaires. Vous devez vous soucier de tous les hommes et femmes qui vous entourent: collaborateurs, clients, fournisseurs. N'oubliez pas l'humain". Sa parole portait d'autant plus que lui-même s'était mis à plein temps depuis quelques années au service d'ONG et d'organisations visant à lutter contre l'exclusion.

Tout en écoutant les discours, j'observais les diplômés : affublés à la mode américaine d'une toge et d'un chapeau carré à pompon, je ne pouvais m'empêcher de leur trouver un petit air de médecins de Molière. Et je me disais que la crise financière récente ayant révélé que certaines compagnies avaient été gérées par de véritables Diafoirus, on devrait peut-être enseigner aux managers aussi la première règle d'Hippocrate: primum non nocere, d'abord ne pas nuire.


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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 08:41
Pour mon concert du 16 décembre à l'Européen, j'ai décidé de dire quelques textes pour accompagner certaines de mes chansons.

J'ai donc cherché dans les oeuvres de Leopold Sedar Senghor un poème qui pourrait prolonger la chanson "Senghor à Bel Air". J'ai choisi Joal, extrait de Chants d'Ombre, où le jeune Senghor, marchant "le long des jours d'Europe", laisse éclater la nostalgie de son Afrique natale. Il y parle des rhapsodies des griots, des festins funèbres, de la danse des filles nubiles, et des "fastes du Couchant, où Koumba N'dofene (le dernier roi des Sérères, la tribu de Senghor), voulait faire tailler son manteau royal".

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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 08:24
L'ordre est rétabli, la morale est sauve.
Après les découvertes récentes sur les scandaleuses pratiques sexuelles des chauves-souris, les autorités réagissent. On ne pouvait laisser perdurer des comportements aussi déplorables. Le gouvernement a opté pour une formule simple, efficace, et juste en ce sens que ces animaux sont punis par là où ils ont péché: la castration est de rigueur, comme pour les délinquants sexuels récidivistes, ce que d'ailleurs ces chiroptères sont certainement pour la plupart.


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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 08:50
On peut, comme certains, penser que l'identité nationale se définit essentiellement par le sol: retournons à la terre, et nous y trouverons nos vraies racines. La terre ne ment pas.

Creusons donc un peu la question. Retournons à la terre, et retournons-la bien. Creusons le sol français jusqu'au sous-sol. Qu'y trouve-t-on, dans un enchevêtrement confus? De l'armoricain, de l'aquitain, de l'arverno-vosgien: ça, ça va. Du cadomien: késako?, mais passe encore. Mais qu'est-ce que c'est que ce rhéno-hercynien, ce saxo-thuringien, ce moldo-danubien? Qu'est-ce que c'est que ce foutoir? Qui m'a foutu cette géologie de métèques?

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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 08:14
Je suis tombé dernièrement sur cette ironique pensée d'Anatole France :
On observe qu'en France, le plus souvent, les critiques musicaux sont sourds et les critiques d'art aveugles. Cela leur permet le recueillement nécessaire aux idées esthétiques.

Il n'est pas évident qu'en un siècle la situation ait beaucoup évolué.


(Il vaut mieux que je dise du mal des critiques avant la sortie de mon prochain disque. Ainsi, s'ils l'ignorent, ou s'ils l'éreintent, je pourrai feindre de savoir pourquoi et ne pas m'en étonner.)

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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 08:47
Une dame qui est devant moi chez le boucher lui commande des côtes de veau. Au moment de payer, elle s'exclame:
- Ah! Mais dites donc, c'est cher, le veau !
- Cela dépend du point de vue, Madame, lui répond-il. Si vous étiez un veau, vous trouveriez que ce n'est pas cher...


Interloquée par cette réplique, elle répète à mi-voix, un peu sonnée :  "Si j'étais un veau... Si j'étais un veau..."
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 08:28
C'est intéressant de noter à quel point les cabanes perchées travaillent notre inconscient.

On a vu que pour l'ami Alain Laurens, puisque tel est le nom de l'homme étonnant que j'évoquais l'autre jour, c'est par un rêve au cours d'une sieste qu'elles ont fait irruption dans sa vie. Il n'eut de cesse ensuite de se trouver un associé: quelqu'un qui saurait l'aider à faire des plans, travailler le bois, et monter en haut des chênes, des hêtres, des platanes. Car seul il ne possédait aucune des compétences requises pour son entreprise. Mais la cabane avait pris possession de lui, comme un retour vital à l'enfance, à la nature, à la joie simple et forte de grimper aux arbres.


Pour moi, je n'ai pensé à notre rencontre que superficiellement au cours des mois qui ont suivi. Même au moment du brief à Kikko, je ne réalisais pas pleinement ce que nous étions en train de nous dire. C'est l'inconscient qui parlait. Celle qui m'a ouvert les yeux, c'est ma femme, avec la lecture toute récente du Baron perché. J'avais lu quelques livres d'Italo Calvino, mais pas celui-là. Claudine, depuis longtemps, insistait pour que je le lise. Mais toujours une autre priorité littéraire prenait le pas sur lui. En fait, je l'ai lu après que Kikko nous eut remis sa première maquette. La vie fait sans doute bien les choses: j'étais mûr.

Ce conte éblouissant m'a réjoui au-delà de ce que je saurais exprimer. Pour échapper à un potage d'escargots (quoi de plus rampant, baveux, pluriel, et terre à terre que les gastéropodes?), le jeune baron Côme Laverse du Rondeau (il a douze ans) quitte la table familiale et grimpe dans la grande yeuse du parc. C'est un endroit qu'il connait bien pour l'avoir maintes fois fréquenté en compagnie de son frère cadet. Ils y passaient "des heures et des heures (...) pour le plaisir de regarder le monde au-dessous de nous en faisant des farces et en poussant des cris à l'intention de ceux qui passaient à terre". Il n'en redescendra plus.

Faire des farces et pousser des cris à l'intention de ceux qui passent à terre: les étonner, les surprendre, les déranger un instant dans leur marche, leur faire lever les yeux, les inciter à regarder un plus haut que leurs pieds, et pour finir les faire sourire, ou hausser les épaules, ou bougonner, ou rêver... Chanter sert précisément à ça.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : Chroniques du temps présent
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