Partager l'article ! Importance du livret d'opéra: L'opéra est un genre qui se situe, presque par construction, à la frontière du sublime et du ridicul ...
Jeudi 7 juin 2012, 20h30
les trois baudets
64 bd de Clichy 75018 PARIS
Renseignements / réservations : www.lestroisbaudets.com
L'opéra est un genre qui se situe, presque par construction, à la frontière du sublime et du ridicule. Je n'en suis pas fanatique, mais si l'on m'invite à aller en voir un, j'y vais avec grand plaisir. L'exercice est extrêmement périlleux, qui demande l'excellence des chanteurs, de l'orchestre, de la mise en scène, des costumes et des décors, sans parler bien sûr de l'oeuvre elle-même, et des deux éléments dont elle se compose : la musique et le livret.
On glose beaucoup sur tout, presque jamais sur le livret. C'est pourtant sur lui que l'ensemble repose. Mozart ne s'y trompait pas : avec son complice Da Ponte, il sélectionnait de bonnes histoires, avec de vrais personnages (Figaro, Dom Juan), chez de grands auteurs (Beaumarchais, Molière), et sur ces bases solides il bâtissait des chefs d'oeuvre. Mais il semble admis, depuis le XIXè siècle, que le livret n'est qu'un prétexte à faire entendre des airs et des voix. Donc on le néglige. S'il est bon, le compositeur pourra tenter de l'exploiter avec talent ; s'il est mauvais, même un génial musicien n'y pourra pas grand chose : les situations seront fausses, les personnages incohérents, les dialogues artificiels, et la voie du ridicule sera grande ouverte, dans laquelle, la plupart du temps, on ne tardera pas à s'engouffrer.