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Jeudi 7 juin 2012, 20h30

les trois baudets

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Avant de traverser les nuages

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Depuis janvier 2008, ARBON vous invite à découvrir sur ce blog les fils qui relient ses chansons, sa vie, son travail d’auteur-compositeur, ses inspirations, ses humeurs, l’air du temps et la vie comme elle va… Pour en savoir plus: www.arbon-lesite.com
Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /Avr /2009 08:17
On reparle de droits d'auteur cette semaine, avec le nouveau débat sur la loi Hadopi au Parlement. Cette loi, dont l'intention est apparemment louable (combattre le piratage sur Internet), a un énorme défaut: elle dresse les artistes contre les consommateurs de musique, qui finissent par se voir comme ennemis les uns des autres. Et la raison en est qu'elle trahit l'esprit du droit d'auteur en prétendant le faire respecter. On gagnerait à faire un retour aux sources et à revenir à Beaumarchais.


A l'origine du droit d'auteur, il y a l'exaspération de Beaumarchais de constater qu'à l'initiative de directeurs de théâtre, ses pièces se jouent, remplissent les salles, et font la fortune de leurs propriétaires sans que lui-même en retire le moindre sou. Au départ, l'idée n'est donc pas de faire payer l'auteur par le public, mais de faire en sorte que ceux qui tirent profit de l'exploitation d'une oeuvre reversent au moins une part des bénéfices à son créateur.

Or qui tire profit de la musique sur Internet? A l'évidence l'industrie des télécoms (fournisseurs d'accès en tête) et celle de l'informatique. Ce sont eux les nouveaux propriétaires de théâtre. Ce sont eux les réels profiteurs. Mais, très habilement, ils ont réussi à être absents de ce débat inepte où l'industrie musicale, se subsituant aux artistes dans la défense de leurs droits, finit par menacer de procès et de sanctions ses clients, achevant ainsi de scier avec ardeur la branche vermoulue sur laquelle elle était assise. La license globale est pourtant la seule solution.

Ces discussions sur le piratage me font aussi penser à celles sur l'ivresse au volant. Dans ce dernier cas, le patron de bistrot ou de discothèque peut être tenu pour responsable s'il a laissé quelqu'un boire plus que de raison; a fortiori s'il l'y a incité. Mais cette logique ne s'applique pas du tout à ceux qui enivrent de musique les accros du téléchargement. Les dealers, après Hadopi comme avant, seront soigneusement épargnés.
Par arbon - Publié dans : Le fil des jours - Communauté : Chroniques du temps présent
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